Cabane V.


Cabane V.
Exposition personnelle
Curatrice Fabienne Bideaud
Galerie Traits Libres, Paris
8.11.2025 – 17.01.2026

« En écho à la publication de sa monographie Inventaire/Langages , Violaine Lochu imagine Cabane V., une « rétrospective de poche » pour sa première collaboration avec la galerie Traits Libres.

Violaine Lochu fait muer l’espace de la galerie en une cellule, en un organe de mémoire, en un disque dur, pour choisir de se définir en Cabane. V. V = Violaine = Vox. Nous entrons dans l’espace cerveau de l’artiste qui l’a pensé comme une cabane dont son étymologie rejoint celle du mot cabinet, meuble à multiples tiroirs permettant de ranger/classer des objets et ou documents ; par extension nous rappelle les cabinets de curiosités – lieu de représentation des divers éléments qui composent « l’univers » au XVIe siècle : la nature, les sciences, les arts ; et enfin le cabinet de psychanalyse qui accueille le flot de parole des patient.es cherchant à reconnecter avec des situations de vie personnelle.
Cabane V. présente des oeuvres alliant musique expérimentale, poésie sonore, performance réalisée ces dix dernières années. Construite en miroir à sa monographie, l’artiste la déploie dans l’espace et remonte les quatre premiers chapitres par les œuvres – vidéos, photographies, dessins et performances :

1. « Monstrer l’autre » – le devenir monstrueux d’un.e être pour évoquer l’altérité, l’autre ; comment se créer une marge d’existence par rapport aux questions identitaires et aux normes sociales notamment. Des réalités fictionnelles.
2. « Échotopies » – Les langages qui permettent de communiquer avec des éléments et des êtres vivant.e.s. Violaine Lochu devient interprète par son corps et sa voix de ses recherches issues d’arpentages de territoires, de rencontres, et d’apprentissage de techniques pour comprendre et communiquer avec le vivant tels l’hypnose, le magnétisme, le chant d’un oiseau, un language. Mise en résonnance.
3. « Rites, soins, combats » – Les mots et les maux collectés, assemblés, transformés, pour exprimer à travers dessins et performances souvent collectives, colères, souffrances, résilience, processus. Rituels expiatoires et devenir.
4. « Décentrements » – L’artiste repositionne constamment son existence tant au niveau du langage, des territoires, des croyances – l’ajuster et le situer. Elle s’ancre dans des langages et des territoires, notamment l’Italie pour étudier les danses traditionnelles, la Pologne pour apprendre le Yiddish, le Bénin pour comprendre les rapports complexes liés à l’histoire de domination et de cultures. Renversement de situations pour rendre visible.

Pensé comme une extension, sa série de dessin Cabane V. a été produite pour l’exposition et se positionne comme une matrice. Elle nous présente les connexions nécessaires entre les temporalités et les éléments personnels de l’artiste pour la réalisation des projets. Bref, elle raconte la création des œuvres. Pour exemple, le dessin Cabane V. # Matrice évoque sa construction d’artiste par les liens familiaux, les études, les artistes influent.es, les premières performances, les premières expositions. Violaine assimile ses dessins au cabinet de psychanalyse, lieu d’oralité où l’on déballe des flux de parole librement, et presque immédiatement oubliés. La voix fait place au geste et l’écriture raconte des histoires qui nous sont ici illisibles. Ces dessins – écritures s’exposent et se protègent, ils sont une sorte de code. Les images en revanche nous permettent de reconstruire le récit. L’artiste utilise la méthode des images flashs. La forme graphique même des dessins reprend cette idée d’accumulation de récits en reprenant le motif de la sédimentation de la roche comme une coupe de marbre. Violaine met en scène l’écriture de la pensée : elle expose les dialogues qui se construisent dans nos têtes dont les dessins deviennent un organe de mémoire.

Cabane V. est une installation immersive qui nous invite à prendre le temps en s’allongeant sur les mousses aux couleurs rouges, oranges, roses telles des cellules, et à s’échapper de notre réalité pour plonger dans les mondes déployés par l’artiste. Intimiste, elle devient l’écrin de sa nouvelle performance Cabana Vox où Violaine s’entretient avec une personne dans une expérience hypnagogique. Elle crée une situation de lâcher prise pour nous emmener dans un état de conscience intermédiaire, l’hypnagogie, un état de profonde relaxation de la conscience qui survient juste avant l’endormissement. L’artiste nous emporte dans les méandres de nos récits personnels.

De l’expérience de performer le livre, la réalisation de la monographie a permis à Violaine Lochu de refaire le récit et d’entrevoir les sédimentations de ses projets. Cabane V. en regroupe physiquement toutes les temporalités : des dessins matrices à la création de la performance Cabana Vox. » Fabienne Bideaud

Photos et/ou videos créées en collaboration avec Romain Al, Frédéric Desmesure, Diaty Diallo, Spero Djivo-Lochu, Makoto C. Friedmann, Jacopo La Forgia, Mélanie Pottier, Céline Regnard, Tadzio, Audace Tognissé Aziakou, Rachael Woodson.
Photos de l’exposition – Aurélien Mole
Images vidéos de l’exposition – Camille de Chenay

GTL 2025-Violaine Lochu-001 GTL 2025-Violaine Lochu-002 GTL 2025-Violaine Lochu-003 GTL 2025-Violaine Lochu-010 GTL 2025-Violaine Lochu-007